dimanche 22 novembre 2015

It is a farewell                                                 in the  sky 
                                    they are  flowers,  scraps of   fire, 
                                    as the  distance  becomes   more  
                                    pink, more golden, more luminous.
                                    I  fetch  wild  fruit. 
                                    Now it is  sweetness  that  takes 
                                    over,  while the  present  echo is 
                                    that of  tears.

                                   How  many  days   now,  on  the 
                                   bare branches, before  the flower
                                   and the fruit?


C'est un adieu                                               dans le  ciel 
                                 ce sont des fleurs, des lambeaux de
                                 feu, tandis  que  le  lointain   devient  
                                 plus rose, plus  doré, plus  lumineux.
                                 Je rapporte des fruits sauvages.
                                 Maintenant  c'est   la   douceur   qui
                                 reprend, tandis que  l'écho   présent 
                                 est celui des larmes.

                                 Combien  de  jours   à présent,  sur
                                 les branches   nues   avant  la fleur
                                 et le fruit ?

Like a swatch of night cut out of its own cloth, [Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, Cheyne éditeur, 2010] traduit par Jacob Bromberg (2013).

mardi 17 novembre 2015

dimanche 15 novembre 2015

samedi 31 octobre 2015

Sorrowful Songs | Déborah Heissler | Peter Maslow



Sorrowful Songs [avec une préface de Claude Chambard, accompagné de 4 dessins de Peter Maslow], Æncrages & Co éd., coll. Voix de Chants, Baume-les-Dames, 2015.






"Symphony of Sorrowful Songs" (1976) music by Polish composer Henryk Górecki
DEUTSCHE STAATSOPER UNTER DEN LINDEN, BERLIN 2010



samedi 10 octobre 2015

Kanten / Déborah Heissler / Michel Remaud


Livre d'artiste avec Michel Remaud N° 23: "Kanten", texte de Déborah Heissler. 
Tiré à 7 exemplaires sur papier BFK Rives (31,5 x 16,5). 5 planches sous coffret. 300€

mardi 6 octobre 2015

La Peinture et son Ombre / Jean-Claude Schneider

Le il faut situe l'injonction dictée par le regard à la frontière de ce que peuvent, chacun aux confins de sa tessiture, le peindre et le dire. Un pas plus loin, c'est la courbure, cet éveil, naissance à la vie - chaque poussière du trait, de la surface - que connaît le seul regard : une ondulation silencieuse qui conduit l'oeil d'accident en accident, s'empare du monologue intérieur de la vue, hors, lui, de toute parole. Là : réalité ultime frôlant des abîmes, lorsque le monde alors se résume à ceci

l'ombre et l'infini éclat


les choses chuchotant

se répondant, le peintre s'acharne, rage et fureur exténuante, à dire avec ses couleurs les matières indicibles que sont : bois, boue, éteules, et la terre en sa nudité ; ou le colza, ce jaune qu'il pense avoir enfin rejoint vers la fin. Dans les dernières années, aussi, pour compenser les entraves à la mobilité, l'acuité amplifiée de la perception, le 

libre regard

qui a tout vu. Nourri d'invisible.

Jean-Claude Schneider, "Aller devant vers ce qui fut, peintures de Pierre Tal-Coat", in La Peinture et son Ombre, L'atelier contemporain (2015), p. 106/107.

mercredi 17 juin 2015

Un vague sentiment de perte / Andrzej Stasiuk

Ma mémoire fait maintenant un bond en arrière pour retourner à une époque plus lointaine : il porte une veste marron, en daim. Alléché par le son des tambours, il entre dans la classe. Je tente maladroitement de battre le rythme. C'est la première fois que je touche à une vraie batterie. Il entre, de la porte, il me sourit, comme s'il venait de retrouver la pièce manquante d'un puzzle. Cinq minutes plus tard, nous sortons pour ne plus nous quitter durant les années à venir. Pour nous frayer ensemble des passages dans la ville noire. Fouler des chemins à travers les buissons à la recherche de pousse de chanvre. À la recherche d'évènements que nous guettions, impatients, au détour des jours volés. Grochów, oui, Grochów d'abord. La cité de Żerań. La ligne 21 du tramway : colonne vertébrale du Praga* prolétarien. Des gars au bar Zagłoba, au bar Grochowski, à l'Oasis, telles les ombres de nos pères. On avait l'impression de se livrer à un jeu. On entrait, on commandait une bière, on se mettait à côté d'eux, mais eux ne pouvaient pas nous reconnaître. On sortait. Toujours en mouvement, toujours en marche, dans les sombres profondeurs de cette ville, avec un écho de verre cassé retentissant au milieu de la nuit, des cris mi-humains, mi-bestiaux, comme dans une jungle froide qui, en automne, exhale un parfum de feuille brûlées. C'était une sorte de labyrinthe dont il était difficile de deviner les formes et les dimensions. Les rues Kobielska, Podskarbińska, Grenadierów - terres sauvages, loca deserta, et le sentiment que cet espace tendre et doux s'ouvrait sous la pression de nos corps, que nous pouvions ainsi avancer jusqu'à la fin, inexistante bien entendu, puisque nous traversions l'infini.

*GrochówŻerań, Praga : ce sont les quartiers ouvriers de Varsovie.

Récit traduit du polonais par Margot Carlier aux éditions Actes Sud (2015), p. 58.

jeudi 11 juin 2015

Claire vous attend ! Stand 617-619.

Posted by Æncrages & Co on mercredi 10 juin 2015

lundi 6 avril 2015

A few simple figures / Deborah Heissler / Jacob Bromberg

Dreamed the evidence
that

to have nor limits nor end
is an exchange



— where each
returns to his way

there, among the flowers
the flowers, painted
bright

almost obvious,
such are these

Infant things, without an end to their brilliance

"Quelques figures simples" in Près d'eux, la nuit sous la neige (2005, éd. Cheyne) translated into English by Jacob Bromberg (2013).

vendredi 27 mars 2015

Kanten / Deborah Heissler / Michel Remaud

[...]

ne pas savoir
comment cela va être dit

[...]














En collaboration avec le peintre http://www.michelremaud.com
À paraître.

jeudi 29 janvier 2015

Un début d'année en poésie

André Benedetto, Urgent crier, Le temps des cerises, 16,00 € Ce recueil publie en fait deux anciens recueils d’André Benedetto, mort en 2009, devenus introuvables : Urgent crier et Les poubelles du vent. On connaît surtout cet écrivain comme dramaturge et directeur de théâtre et cela se sent dans cette poésie souvent réactive aux événements du monde et qui semble en grande partie écrite pour être proférée, projetée dans l’espace sonore mais qui ne se refuse cependant à aucune tentative d’écriture. 

Bernard Chambaz, Été II, Flammarion, 19,50 € Un gros volume de poésie (260 pages) divisé en 5 chants, soient 500 séquences faisant suite au précédent recueil Été I, construit selon la même structure, avec des écritures très variées depuis la poésie en prose jusqu’à des textes proches de la poésie sonore. La vie du poète dans ses multiples péripéties à travers le monde entre souvenirs, sentiments, récits… Un volume très attachant. 

Deborah Heissler, Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, Cheyne, 15,00 € Quatre parties au titre japonais composent ce petit recueil : « entrevoir, silence, image fixe, scène de nuit » renvoyant donc toutes à la thématique principale, l’écriture de la contemplation du monde, celle des paysages mobiles et évanescents, comme une façon contemporaine de renouveler le haïku en langue française. 

Jacques Jouet, L’Histoire poèmes, POL, 26,00 € Encore un gros recueil de 227 poèmes consacrés, en grande partie, et comme l’indique le titre à des « événements historiques » comme « 1940, les défaites se suivent » ou « de la déclaration Balfour, du Mandat et des suites », sujets qui, a priori semblent peu poétiques mêlés cependant à d’autres faits moins historiques comme « cherche une devise » ou « Jacques Roubaud, premier livre ». On reconnaît bien là l’esprit oulipien de ce poète qui joue avec délectation des idées reçues ou officielles pour, avec beaucoup d’humour, les transmuter en poésie.

JP Balpe (Màj 29/01/15) : http://hyperfiction.blogs.liberation.fr 

samedi 3 janvier 2015

Cantabile / Deborah Heissler / André Jolivet


[...]

l'énigme de mes doigts 
à ta lèvre sidérée 
Obscure 

Juste amnésie à la langue de nos désirs 
corps inclinés, paupières closes

[...]