samedi 4 août 2012

#aftervasesco - L’éveilleuse endormie - C. Zottele

Initiés le mois dernier les #aftervasesco sont en quelque sorte le prolongement de ma lecture des vases communicants de chacun, auxquels je participe depuis peu (une forme d'hommage également à leurs instigateurs François Bon, Jérôme Denis et à leurs petites mains, Brigitte Célérier). Deux évocations marquantes dans ces #vasesco du mois d'août, Gimme Shelter (1969) d'une part et d'autre part Kaboul, le présent des Rolling Stones et l'ailleurs d'un Afghanistan opiacé qui ont donné lieu à cette vision un peu décalée aux anachronismes totalement assumés, sur un titre de Christine Zottele.

#aftervasescommunicants  04 août 2012  L'éveilleuse endormie (@czottele, Christine Zottele) - 03 août 2012

Gimme Shelter (écoutez), le film - à vitesse réelle on ne voit pas grand chose.  

Il y a la mention de ce parc minuscule, avec un grand arbre en surplomb de la terrasse, une odeur d’urine qui vous prend à la gorge, une fuite, deux fuites… d’eau qui ont démoli ton épaule déjà meurtrie – un homme revient et raconte les montagnes, l'hôpital de Kaboul, le froid, la neige.

Pause, cinq minutes, juste le temps de fermer les yeux - ta main multiplie la mienne et nos visages floutent nos êtres. 

Tu ne sais pas quoi lui dire. Tu finis par trouver dans une étagère vide du fond de ton cerveau les ombres la couleur la clameur la transperce le mur   qui éclatent langue larmes  saigne ciel nuages oiseaux  arrache paupières masque  profane peau mains corps  tu as regardé tes pieds, regardé la cour, la ville. Tu as parlé avec tes peurs, tu les caresses, tu les regardes dans les yeux, enfin. Et puis cette énergie exténuante qui te laisse là, incapable de bouger, les yeux en l’air et qui entre dans les poumons et les pores, manipule les glandes sudoripares  le tout-venant des mots, entassés pêle-mêle et dont tu n’arrives pas à croire au mécanisme brut.

L’histoire ne se répètera plus, lui dedans, toujours, lui et dedans. Les mêmes horizons, mais comme habités par une indéfinissable différence. Et la langue qui bégaie, les silences où on ne les attend pas  c’est une fenêtre d’hôtel  peut-être  la chambre a des ailes – c'est un peu fou un peu parti, ces arcades et cette place au bout de la rue qui descend.
Vent écrit visuel fond de cadre et sonore, premier plan.

Quelques bouts de toi, laissés épars dans cette chambre qui prépare ton départ - gagner on ne sait quoi l’idée de rêver ? Je ne comprends pas pourquoi mais le même phénomène ici se répète – apathie, intropathie, télépathie. 

Nous avons trop pleuré et je me sens à la fin du voyage, l'éveilleuse endormie


(Plus tard, se relever @francoisbonneau - François Bonneau)


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