mardi 8 mai 2012

Silence             C'est d'abord un nuage d'abricotiers en fleurs, jaunes ou ivoire, comme mille petits papillons mêlés à l'herbe fraîche, mobiles, dans la lueur des lampes quand la nuit monte. Fragments de rêves. On voit le soleil rouge descendre sur le feuillage, comme une énorme masse d'acier incandescent.

Puis il y avait eu les arbres un peu plus loin dressant leur ossature fragile, la scabieuse de laine bleue comme un regard et de tumulte de lait dans la pierre profonde, le gémissement enfin de l'air battu d'un vol de ramiers bleus - défi de soie peut-être bien, ou de cuir craquelé.

Tout était devenu chant. La courbe du chemin sous les nuages ici, et là les touches de terre sombre, le vert et le gris, le rose déchiré de la glaise et du gravier sous la pointe des doigts. L'accord surtout était celui de l'ombre et du gazon, feutrés, jusqu'au plus profond du ciel où frémit un battement de plumes heureuses.

Dans ces rêves aussi il y a des noyers noirs, et puis une forêt qui s'ouvre en coup de vent. Rien. Plus rien d'autre que le bruit du vent obstinément.


Lever de lune     Et puis l'averse tout près qui continue d'enjamber les toits dans une tranquillité tremblante. Dans le silence, ou plus exactement dans un espace où les bruits s'éloignent et s'étagent. [...]