vendredi 4 novembre 2011

CONCERT-LECTURE avec Elsa Grether

Dimanche 20 novembre concert-lecture avec la violoniste Elsa Grether à la Médiathèque Jean Grosjean de Baume-les-Dames, à 11 heures.

 

1 place de la Loi, 25110 Baume les Dames 

Pour plus de renseignements :
Téléphone : 03.81.51.60.79
mediatheque@baume-les-dames.org

Du 20 au 29 novembre 2011

Beaume les Dames © Deborah Heissler

Clotûre de la résidence virtuelle avec les élèves du Collège René Cassin (25110 Baume-les-Dames) le 20 novembre 2011.

samedi 8 octobre 2011

Japon vu de dos - Christian Doumet

Lu ce matin Christian Doumet, entre autres, partagé avec un plaisir à chaque fois renouvelé, lorsque l'occasion s'y prête et que l'on m'y invite. 
Ces trois proses brèves avant tout, non sans rapports avec les remerciements en forme d'adresse de l'auteur, à la toute fin du recueil p.101 : " Ma gratitude à tous ceux qui m'ont aidé à m'orienter sur les chemins du Japon [des Professeurs nombreux, un pianiste, un photographe...]. Au marchand de papier à qui j'ai un jour demandé ma route, et qui sans dire un mot a tracé sur une feuille les signes qui signifient n'importe où ".

De l'indication

Le geste par lequel certains Japonais vous indiquent le chemin, la direction à suivre, la place où vous asseoir, montre plus qu'un chemin, une direction ou un siège. Il montre l'effacement, et pour ainsi dire l'annulation de celui qui montre, devant l'objet qu'il désigne. En un éclair, vous avez saisi l'injonction non comme l'impératif qu'incarnerait un doigt tendu, mais parce qu'il ne reste plus sur terre que vous et le lieu auquel vous êtes soudain, dans cette ellipse, fatalement et définitivement destiné. (p.15)

De l'incompréhension (2)

Le pacte d'incompréhension avec l'étranger fait partie de l'art de vivre. Il comporte ses codes, ses rituels, sa scénographie. Sa politesse, aussi, son élégance. Au point qu'on finit par se demander si l'impair ne consiste pas à tenter de parler la langue du pays... (p.30)

De l'orientation

Combien de plans aurons-nous dessinés pendant ces mois d'affrontement à un espace morcelé et sans nom ! Combien de ces figures esquissées à même d'infimes billets, cartes de visite, bouts de papier, parfois la paume de la main ou quelques traits du pied dans le sable... Idéogrammes de notre égarement, et malgré tout, petites saisies du monde, petites prises de pensée serrée sur son essentiel.
Très remarquable est la part d'imaginaire qu'un esprit déverse dans un plan tracé à la va-vite ; sa part d'illusion, de désorientation, d'aveuglement. Ainsi, sur des coins de table, échangeons-nous furtivement ces fragments de rêve qui fonderont des rencontres pourtant bien réelles, des rendez-vous bien tangibles et nos retrouvailles juste au bord de la disparition. (p.68)

(Japon vu de dos, Christian Doumet, éd. Fata Morgana, 2007)

jeudi 6 octobre 2011

J'ouvrais Louis-René des Forêts tout à l'heure, bloquée par la pluie qui tombait sur Besançon aujourd'hui.

[...] C'était maintenant à lui de parler, non plus pour éluder les questions ni pour recouvrir le vide de la peur, car son silence ayant déjà cessé d'être un lieu préservé, il ne se taisait parfois qu'afin de maîtriser l'agitation de ses paroles et répondre par le calme à la douce intimité d'un échange où il n'était même pas nécessaire de s'en remettre aux mots pour se faire entendre, comme si un mutuel souci de discrétion, bien loin de tout obscurcir, les eût rendus l'un à l'autre miraculeusement transparents. Liés par ce qu'ils ne se disaient pas et tout ayant déjà été dit tacitement entre eux, ils pouvaient se parler sans retenue, car rien en vérité n'avait été encore dit, rien ne le serait jamais. Dialogue inépuisable poursuivi même à distance par de pressants messages, qu'un brutal décret viendra non pas conclure - briser, laissant l'esprit privé de son assise, le coeur dévasté. 

Ces moments d'une intensité extrême se sont inscrits dans la chair vive et ne périront qu'avec elle. Pourquoi alors ce mode insolite de la remémoration comme s'ils appartenaient à un temps désormais révolu? La réponse est peut-être qu'ils revêtent pour celui qui les revit chaque jour le même caractère de pérennité que les évènements dont l'influence sur le cours du monde, considérée d'abord comme accessoire, ne paraît décisive qu'après avoir pris dans la mémoire des peuples la couleur légendaire du passé. [...] 

(Ostinato, Gallimard/Imaginaire, p. 109-10)

Savouré, lu, repris, annoté, ce passage, le petit volume que j'avais emporté en juillet dernier, pour une raison qui m'échappe aujourd'hui encore. Et comme à chaque fois que j'avais décidé in extremis d'emporter avec moi un tel, plutôt que tel autre.

samedi 1 octobre 2011

LECTURE / ECHANGES














Samedi 8 octobre 2011 : 10h30/12h - entrée libre

1 place de la Loi, 25110 Baume les Dames 

Pour plus de renseignements :
Téléphone : 03.81.51.60.79
mediatheque@baume-les-dames.org

lundi 26 septembre 2011



Riccardo Chailly bouleverse le programme, Maria-João Pires interprète Mozart de tête.

vendredi 16 septembre 2011

Résidence virtuelle - Collège René Cassin

09.11 Premières séances cette semaine avec les 3èmes D du Collège René Cassin à Baume les Dames. Une enseignante particulièrement réactive et dynamique, Isabelle Lecerf-Apollon qui a bien voulu créer et encadrer le réseau FB de la 3ème D, tente avec nous et depuis lundi l'expérience concertée d'un atelier numérique sur la ville, pariant sur le contemporain numérique et des auteurs publie.net - François Bon, Michèle Dujardin, Arnaud Maïsetti ou bien Philippe Vinau... - qui ainsi viennent compléter le corpus d'autres auteurs déjà au programme, des classiques, tels que Michaux ou Cendrars notamment.

Faire du numérique à partir du numérique et via un compte Facebook c'est à la fois sensibiliser ces élèves aux Techniques de l'Information et de la Communication, ces fameuses TIC, mais également leur permettre en classe d'apprendre à utiliser l'un de ces réseaux dans une perspective bien précise, puisqu'il s'agit pour leur professeur et moi-même d'engager des échanges dans un cadre clairement défini, avec des auteurs confirmés

Pourquoi un compte Facebook plutôt qu'un blogue ? Parce que ce dernier  offre pour l'instant la possibilité via Social Memories d'imprimer une activité qui permette de faire du mur, et des informations qu'on peut y collecter, un véritable Journal papier  qu'on pourra archiver à la Médiathèque Jean Grosjean ou tout simplement offrir aux élèves. 

La dimension au départ performative de cette expérience aussi - puisqu'il s'agira bien en fin de compte d'effacer le mur à l'issue de la résidence - paramétrée pour proposer aux élèves et à leur professeur un Espace Numérique de Création, a été elle aussi  déterminante. Tandis qu'un blogue reste +/- ouvert et directement accessible à tous sur la toile, notre ENC fonctionnera en vase clos - entre élèves, enseignant et auteurs au sein de cette résidence virtuelle - parce qu'on peut imaginer qu'une critique constructive des articles proposés à la lecture par les élèves, soit plus souple dès lors qu'elle reste confidentielle.

Les choses se mettent progressivement en place. Après avoir collecté des informations dans Baume en périphérie, centre ou hyper-centre, les élèves de la 3ème D ont commencé mardi dernier à travailler sur les mots, les images, les sons de la ville, revoyant par exemple champs lexicaux ou champs sémantiques. D'ici quelques jours ils rédigerons à partir de phrases amorces puisées chez François Bon, Michèle Dujardin, Arnaud Maïsetti ou Philippe Vinau, leurs propres textes. Sous forme d'articles leur professeur les partagera sur notre mur et nous verrons bien à ce moment si l'expérience porte ses fruits...

mardi 30 août 2011

Laurence JEANNEST - Gravure

Laurence Jeannest & Deborah Heissler

Tout le jour / couleur de cendre grise, les arbres ployés. Ce qui nous reste est peu de chose. Presque rien. L'obscurité elle-même semble un trou. // Ce n'est plus l'heure de réfléchir. Il ne reste plus aujourd'hui que le souvenir de cet immense jardin. Les rouges sont un feu dans la terre et les bleus, une nuit d'avant la nuit.

Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe [un des vingt-cinq exemplaires sur vergé de Rives, accompagné d'une gravure de Laurence Jeannest, p. 55] 2010, Cheyne éditeur.

mercredi 24 août 2011

XXIèmes Lectures sous l'arbre


Ce fut bref, mais également intense. Où je devais m'attendre à des auteurs disant là leurs textes, sous l’arbre, j'ai plus encore trouvé des jeunes gens – et de moins jeunes – poètes, musiciens, dramaturges ou quelquefois même comédiens, il importe peu, tous liés par une même ferveur poétique. Ce fut, évoqués dans l’in-exhaustivité la plus évidente, le bonheur simple de partager la table de Mariette Navarro – qui nous livre ses impressions sur son blogue ici – ou bien celle d'Antoine Wauters et David Dumortier, au réveil, pendant presque une semaine, celui également de retrouver Lysiane Rakotoson – ses impressions à elle également, sur ce lien  – et Ito Naga, trop vite croisés en mars dernier à l’Alliance française, de partager la table de Dominique Sorrente ou un repas avec Blandine Merle, et d'évoquer les recueils à venir.

Et puis l’atelier de Cheyne, ses artistes, Estelle Aguelon, discrète, dont je remarque les gravures dans Frère, le dernier ouvrage publié de Isabelle Damotte. Il y eut l’arbre, la yourte, les champs alentours, et puis toutes celles et ceux dont les noms ne vous diront peut-être rien, Marie-Hélène, André, Marianne, Michel et Marie, bénévoles ou stagiaires.

Et Serge Airoldi enfin que je croise le lendemain de mon arrivée ainsi que Meng Ming avec qui je partage, un moment, des souvenirs et anecdotes d’Inde ou de Chine, sans forcément acheter leurs ouvrages – rien ne presse –, je les découvre dans la collection rouge ou cette autre que dirige Jean-Baptiste Para, sous l'arbre moi aussi. Nous nous reverrons bien assez tôt, ici ou là, échangeons nos adresses et numéros de téléphones.

Cette joie éprouvée – que j'ai un peu de mal à qualifier, je m'en rends compte aujourd'hui – a passer ensemble un moment agréable au Chambon chez Jean-François et Martine. L'envie de remercier Florence Buti et Justine Barbe pour leur accueil chaleureux, le souvenir de ne pas avoir eu le temps de saluer tout le monde, samedi soir en partant.


Je rentre du Chambon – parfaitement heureuse et rompue de mes rencontres avec Mariette, Lysiane, Antoine, Blandine et tant d'autres – multiplie les correspondances, change de train, tombe précisément dans le wagon n°13, où se trouve déjà installé sur ma gauche, Simon Pasquier des éd. Æncrages qui lui rentre à Besançon. Degrés et loi de l'improbabilité maximale, puisque nous resterons bloqués trois heures de plus dans ce fameux wagon.

mercredi 3 août 2011

Lectures sous l'arbre avec Cheyne

Participation sous forme de rencontres et de lectures aux XXèmes Lectures sous l'arbre organisées par les éditions Cheyne, les 17 et 19 août 2011 (Chambon-sur-Lignon).

Des journées de partage et de poésie en toute convivialité.

"A 1000 mètres d’altitude, au cœur du Plateau Vivarais-Lignon, entre Auvergne et Rhône-Alpes, toute une semaine de lectures et de rencontres en pleine nature, autour de la poésie contemporaine" (on pourra trouver sur ce lien, entre autres, le Journal de la 20ème édition 2011 : http://www.lectures-sous-larbre.com/pdf/journal2011.pdf).

vendredi 22 juillet 2011

Les Petites Fêtes de Dionysos


par DiversionsTV

A cette occasion découverte du romancier Akira Mizubayashi.

Une langue venue d'ailleurs, paru en 2011 aux Editions Gallimard.

lundi 4 juillet 2011

Projet de collaboration numérique

Lancement d'un Projet de collaboration numérique (Radiographie d'une activité numérique en Résidence) dans le cadre d'une Bourse d'auteur délivrée par le CRL de Franche Comté pour l'été 2011. Vingt artistes invités sur un compte FB activé pendant trois mois à l’issue desquels, toute activité numérique aura fait l'objet d'une impression papier, puis aura été effacée.

Il ne s’agit pas là de réaliser un travail « d’édition » sur un projet journalistique à proprement parler – et comme peut quelquefois le sous-tendre une contribution écrite et quotidienne à un blogue – mais de plutôt « radiographier » cette activité, au même titre qu’il est possible d’imager aujourd’hui une activité cérébrale par exemple, pour pouvoir l’archiver au CRLFC à Besançon et à la Médiathèque Jean Grosjean à Baume-les-Dames.

Par ordre alphabétique et lieux de résidence, contribuent au projet :

Guidu Antonietti Di Cinarca – Photographe (France)
François Bon – Ecrivain (France)
Claude Chambard – Poète (France)
Seyhmus Dagtekin – Poète (France)
Michèle Dujardin – Poète (France)

Isabelle Grell – Universitaire et Ecrivain (France)
Elsa Grether – Violoniste (France)
Sabine Huynh – Poète, Linguiste et Traductrice (Israël)
Ophélie Jaësan – Ecrivain (France)
André Jolivet – Plasticien (France)

Jennifer K. Dick – Universitaire et Poète américaine (France)
Arnaud Maïsetti – Ecrivain (France)
Angèle Paoli – Poète (France)
Eric Pessan – Ecrivain (France)
Lysiane Rakotoson – Poète (France)

Philippe Rhamy-Wolf – Poète (Suisse)
Colin Roche – Compositeur (France)
Dominique Sorrente – Poète (France)
Emmanuel Tugny – Ecrivain, Auteur et Compositeur (Russie)
Martin Ziegler – Poète et Réalisateur (France)

lundi 20 juin 2011

Cradling a pair of puppies

Cradling a pair of puppies at your bared breast with a small humming tune can be a martial art, also a funny thing, laughing all the way down to the woods to wail from the edge for the body of a hiding young animal which still feels somewhat uncomfortable. I have to admit sometimes I growl and the grass flutters like a real person walking backwards past a mountain in a way that makes the mountain look it's mooving is an optical wonder. A scattering of white flowers clings to the stone wall for warmth in November. I lay my rifle down and take a long, earnest look at every one. And for a while I kneel. And then for a while I stand.

Elizabeth Zuba, in Versal Nine, 2011, p. 64. Thanks to Jennifer K. Dick for making me discover this text.

samedi 18 juin 2011

Roots

o my silent body
roots
through the toes
my silent self
radiates
through the belly
& knocks a tiffany lamp
off the table

my silent mouth
stands under the catalpa
until the pods
slice down my throat


Meg Reilly, in Versal Nine, 2011, p. 35. And thanks to Jennifer K. Dick for making me discover this Journal.

mercredi 8 juin 2011

Décès hier soir, de Jorge Semprun.

Antoine est au fond de l'atelier, il ne l'a pas encore vue. Il essuie à un chiffon ses doigts tachés de peinture bleue.
— Antoine !
Il se tourne ver Franca.
— Tu as travaillé toute la nuit ?
demande-t-elle.
Il la regarde
— J'ai fini, dit-il.
Une toile de dimensions réduites — une trentaine de centimètres sur une vingtaine, à en juger d'un premier coup d'oeil — repose sur un chevalet, là-bas. Elle n'en voit que l'envers.
Franca commence à se déplacer. Il l'arrête d'un geste.
— Attends, dit-il, le soleil !
En effet, le soleil.
Il vient de surgir derrière les collines, dehors, sur l'amont du fleuve. Un rayon frôle la large verrière de l'atelier. Sa lumière effrange la blancheur écrue d'un rideau, la met en valeur, gagne de la place ; mais n'a pas encore atteint le lieu où s'expose la toile.
Elle rit, désinvolte. Trop, peut-être
— Qu'est-ce que ça peut faire ?
Il l'observe, étonné sans doute de tant de légèreté.
— J'ai peint pendant la nuit, dit-il, mais la lumière sur l'océan. Il faut que tu voies la toile en pleine clarté.
Elle comprend, elle acquiesce ; elle attendra.
— Comment l'appelles-tu ? demande-t-elle. [...]

La Montagne blanche [Chapitre premier. Une carte postale de Joachim Patinir], éd. Gallimard, 1986, p. 15-16.

samedi 14 mai 2011

Pas sur la neige. Et j’ai sous les yeux — mesure 28 — un paysage qui sera triste et glacé. Je vois ces petites pattes d’oiseaux insistantes expressives et douloureuses —, là où d’autres savent qu’il va falloir faire avec, frapper pour que la corde vibre. Et j'écoute.

rien sinon le chant que nul
n’a chanté


Pas. Sur la neige. Possible que cet oiseau-là se brûle les pattes morendo très lentement, mesure 34 — où vous n’entendrez plus qu’une chute de pluie fine.

vendredi 13 mai 2011

tendre la
Nuit — neige

en déchirement de paille

emprunte
lyrique,

//

au cordage cru des veines

tendre la
Nuit — neige

Glissement, haleine trempée de feu de sel où boire
encore
l'effondrement des jours — injonction d'un visage ?
l'amnésie des gravats

puis
au plus près, l'écran
des mûriers en fleurs

Près d'eux, la nuit sous la neige, éd. Cheyne, 2005, p. 36-37.

lundi 9 mai 2011

29ème Marché de la Poésie, Place St-Sulpice

Marché de la poésie - stand 406 - Place Saint-Sulpice, Paris VIème.

30 ans de Poésie - du vendredi 27 au lundi 30 mai 2011 de 12h30 à 19h30, Jean-François Manier vous accueille pendant quatre jours pour mieux vous présenter l'ensemble du fonds de Cheyne éditeur.

Il vous invite à cette occasion à venir rencontrer les poètes Jean-Marie Barnaud (Fragments d'un corps incertain, Prix Apollinaire 2010) le samedi 28 mai, de 15h à 16h, et David Dumortier (Les Bateaux qui parlent) le dimanche 29 mai, de 15h à 16h.

mercredi 4 mai 2011


[...] Cinque Terre [...] et, avec la même parcimonie, ses sourires et paroles. Grâce aux cimes qui permettent, une fois atteintes par les sentiers de chèvres, de deviner la chaîne étincelante des Alpes et de dominer sans tourner la tête la mer, grâce à cet échelonnement sans rupture des plans de culture ayant exhaussé les pentes abruptes en jardins suspendus dont les cinq bourgades forment comme des belvédères qui donnent parfois l'impression de s'épier entre elles dans la perspective de quelque tacite et secret concours de beauté, elle possède un argument gratuit de nature à faire regretter, ou peut s'en faut, de n'être ici que de passage.

Candide présent de l'aube. Deux corbeilles de pommes déposées devant la porte par la voisine. Rouges et rondes comme il se doit, telles des joues. Avec de toutes petites mouches presque invisibles voletant d'un calice à l'autre [...]

Notes, Laura Fiori, Martin Zielger, éd. L. Mauguin, 2011 (sans pagination). En illustration, un plan de Nice Lago, premier long-métrage de Martin Ziegler (disponible sur la toile depuis le 27 avril 2011).

dimanche 10 avril 2011

une fontaine murmure sur la paume de tes mains
un désordre d’aube et de feu

Fruit
l’orée trop belle
rose
aux lèvres de l’aimée —
Tu

voilà
peut-être ce qui est désiré

lundi 28 mars 2011

ILLISIBILITE de ce
monde. Tout, double.

Les horloges fortes
donnent raison à l'heure scindée,
à voix rauque.

Toi, coincé dans tes tréfonds,
tu grimpes hors de toi
pour toujours.


Partie de Neige, Paul Celan
(trad. Jean-Pierre Lefebvre)

dimanche 20 mars 2011

Un papillon prie, aussi,
en fermant les ailes.
Anniversaire de la bombe A.


Kazue Asakura
(trad. Makoto Kemmoku et Dominique Chipot)

Sous les fleurs des cerisiers
personne
n'est vraiment un étranger


Issa Kobayashi
(trad. Makoto Kemmoku et Dominique Chipot)

mercredi 23 février 2011

Elle. Tu étais venu l’attendre à la gare hier et nous avons fait le voyage ensemble. Toi, moi et Anna. Une jeune fille avait posé un livre sur la table voisine, je m’en souviens. [...]

Si loin, le bois d’ébène
de quelques fruits au cœur nocturne encore

ouverts sur ta nuque sèche
ou bien admettre que la nuit décline


*

Ensuite ? Il y avait eu un long silence. [...] Peu à peu, le chauffage embua la glace de la fenêtre à mesure que s’éteignait dehors, les paysages de la plaine défilant derrière la vitre. Le train avec ses trois ou quatre wagons à bout d’usure ne ressemblait en rien aux rapides des grandes lignes centrales.

Karol près de la fenêtre. Il avait tourné la tête sur sa droite pour contempler le paysage. Non pas que le paysage l’intéressât ou l’émût particulièrement. Le paysage, cet après-midi, ne l’intriguait pas de façon particulière.

Il faisait plutôt froid et les cierges grésillaient avec insistance, l’insistance de petits grillons obstinés sur le cœur nu.

samedi 19 février 2011

[...] A l'instant attendu
Au creux de l'inouï
Aux confins du dire
*

[... L]es deux grandes figures rhétoriques issues de la très ancienne tradition du Livre des Odes, à savoir le bi, comparaison par laquelle l'homme cherche dans la nature un élément pour illustrer un sentiment jailli en lui, et le xing, incitation par laquelle certains éléments de la nature éveillent en l'homme des sentiments latents. De ces deux idées fondatrices qui sont complémentaires, les maîtres ont dégagé un ensemble de réflexions qui se cristalliseront plus tard, sous les Song (XIè-XIIIè siècle), autour de la notion central de qing-jing, "sentiment-paysage".**

L'infini n'est autre
Que le va-et-vient
Entre ce qui s'offre
Et ce qui se cherche
Va-et-vient sans fin
Entre arbre et oiseau

Entre source et nuage
***

*François Cheng, Le livre du vide médian, Albin Michel, 2009, p. 151.
**Op. cité, p. 13.
***Op. cité, p. 29.

jeudi 17 février 2011

Sans poids, dans la proximité des mots... ce lieu diurne d'inadvertance, sève feutrée des veilles singulièrement proche encore

presque trop
. Il m'a suffi de quitter son pli pour admettre que la nuit décline. Que demeure l'éphéméride seul des moments passés avec toi. Le truisme de l'oubli de toi. Conformité étroite au regard

Toi-rien, puis toi exactement

mercredi 2 février 2011


Lecture mercredi 9 mars 2011 à 19h30, Auditorium de l'Alliance Française (http://www.alliancefr.org/), 75006 Paris

• présentation des poètes publiés récemment par Cheyne éditeur

• lecture : Lysiane Rakotoson ("Une neige et des baisers exacts"), Déborah Heissler ("Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe"), Ito Naga ("Iro mo ka mo, la couleur et le parfum"), Antoine Wauters ("Ali si on veut")

Auditorium de l'Alliance Française - 101, bd Raspail, Paris VIème - Métro Notre-Dame-des-Champs - T. 01 42 84 90 00

samedi 15 janvier 2011

[...] (des parcelles de théiers, de pins, de fleurs mauves, une composition de toits noirs, un quadrillage de ruelles, un agencement dissymétrique de maisons basses) : nulle clôture (sinon très basse) et cependant je ne suis jamais assiégé par l'horizon (et son relent de rêve) [...]

Roland Barthes, "Le cabinet des signes", L'empire des signes, aux éditions du Seuil, coll. Points, 2007, p. 149.

vendredi 14 janvier 2011

et les premiers oiseaux que la clarté dissémine

et puis, cet instant rêvé — le souffle du jour sur les plis de l’herbe comme un cantique.