vendredi 2 juillet 2010

Coll. grise à paraître

Tu regardes, tu respires la terre un instant. Tu écoutes. Le ciel est clair, les nuages presque entièrement blancs dans la chaleur intense du ciel d’août. Tous les pommiers sont là, leur couronne un peu plus ample, à peine, et c’est un peu de nuit qui coule dans de la nuit, une multitude de petites fleurs qui s'ouvre dans la nuit avec une odeur de semence et de rose, comme un morceau de nuit découpé dans son étoffe.

[...]

Poursuivre cette lecture dans la revue en ligne Terres de Femmes d'Angèle Paoli.

3 commentaires:

  1. Un espace de respiration absolument formidable. On sent, on devine, on écoute. Vous dites, en toute simplicité, ces paysages profonds et lointains de l'ailleurs, et du désir. Là le corps amoureux, plus loin l'étoffe, ici la couche et là-bas enfin "un morceau de nuit" palpable, ce prélude à d'autres égal ; le ciel un instant.

    RépondreSupprimer
  2. J'ai retrouvé dans ton écriture, Déborah, ce que j'ai aimé chez Gustave Roud ou Jaccottet, une parenté de plume et d'expression qui me touchent tout particulièrement.

    En attendant de te lire prochainement, chez Cheyne.

    Tout cela, j'aurais dû monter vers toi pour te le dire. [...] J'attends aussi ce sursaut intérieur qui vous soulève comme un vin, cette certitude d'un miraculeux Futur [...]

    Gustave Roud, Air de la solitude, in Gustave Roud par Philippe Jaccottet, Seghers, rééd. 2002, p. 138.

    RépondreSupprimer
  3. J'ai aimé aussi Aurélien cet instant de ciel, votre lecture de ce passage - cette respiration.

    "Pins et sable" : c'est toujours, où que l'on trouve cet accord, comme si on allait respirer, apercevoir la mer. L'idée du plaisir brûle et court, les pieds nus, entre ces troncs ; il y a de la place, rien n'arrête les pas ni la vue. Le sable a la couleur d'un feu qui dormirait, qui se serait replié en sommeil, d'un incendie changé en lit ; alors nos corps seraient reçus par ces flammes alanguies, par cette souple poudre de feu, sous les hauts éventails verts, couleur d'ombre [...].**

    Chaleureusement.

    **Philippe Jaccottet, "Prose au serpent", Paysages avec figures absentes, Gallimard, Coll. Poésie, p.89.

    RépondreSupprimer