dimanche 19 juillet 2009

Coll. grise à paraître


Tout recommence. On marche dans une lumière nouvelle, portée au-dessus des brumes ou des fumées. Peu de nuages, sans poids, blancs eux aussi. Quelque chose qui est à la limite de l'informulé, que seuls deux ou trois mots suggèrent et qui pourtant éclate à l'esprit. Tout cela n'est que nuances, calme bruissement que l'on écoute sourdre au cœur de l'herbe nouvelle, liées aux roseaux, aux herbes hautes. Les touffes d'anémones et les primevères flambent et s'éteignent une à une, trop sombres pour qu’on parle de flammes. Pourpres ? Ce ne sont « que » des fleurs cependant.

9 commentaires:

  1. Les heures passent, banales et vides d'inconséquence. L'urgence pourtant ne la lâche pas. Elle y voit l'ultime chance de l'y retrouver. Lui, y est déjà. Soudain elle ose penser à ce quelque chose qui manque ou plus exactement à ce qui résiste : ses promesses impliquent une contrainte d'écriture, une contrainte affective donc, alors alliance ?

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  2. Les heures creuses. Oui. Ecrire. L'écriture ainsi supplée à l'absence et faite promesse - d'une parole présente si l'on veut - et passagère de toute chose. Merci Guidu.

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  3. Tiens j'avais laissé un commentaire qui ne s'est pas inscrit... je recommence.

    je disais (plus ou moins )combien j'aimais ce texte navigant en territoire impapable, avec cette douceur des floutés, une écriture sans grands effets, mais qui instille avec précision une atmophère propice à la contemplation, la découverte, la progression.

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  4. Bonjour
    On touche bien là l'essence de la poésie : chercher la lumière dans le moindre détail comme "l'herbe nouvelle".
    Je reviendrai vous lire régulièrement.

    denis

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  5. Tout simplement merci, Denis.

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  6. "Je dis: une fleur ! et, hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calice sus, musicalement se lève, idée même et suave, l'absente de tous bouquets." (S.M.)

    Qu'on parle de fleurs de rhétorique ou de fleurs séchées, de fleurs sculptés dans la pierre, c'est toujours à les écrire, une autre fleur qui se dresse, sa musique et la portée sur laquelle elle s'inscrit : ce qu'on écrit, ce ne sont que des fleurs - mais ce dernier mot qui s'ajoute : "cependant" : cependant, ce mot qui porte toute la littérature, de fait (je pense à ce texte de P. Forest, dont le titre est le mot japonais qui dit "cependant" (Sarinagara) - cependant, ce qui déchire à la fois l'oubli et l'absence, le silence et le réel.

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  7. Merci Florence, je n'ai pas vu passer le commentaire effectivement.
    Une stase peut-être bien. Un instant. Une vision où les mots vous viennent, puis éclatent à l'esprit, qui ne cherchent aucunement l'effet. S'il était possible.

    Ce très beau mot aussi que j'apprends aujourd'hui - grâce à toi Arnaud (Sarinagara) - qui à la fois porte toute littérature et tout espoir. Présence forte qui s'inscrit - défiante contre le presque tout de l'oubli (cependant). Vide absolument.
    Tu me parles d'un très beau texte que je vais m'empresser d'aller lire. Merci Arnaud.

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  8. à "cependant" qui annonce la blancheur de

    "soudain"

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  9. Soudain les fleurs, comme des constellations qui flambent ou bien s'éteignent, puis rien (leur souvenir) - je repensais à la prose de Jaccottet aussi dans "Paysages avec figures absentes" (à te lire à présent) Phil. Tu as raison.

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