vendredi 13 février 2009

III

Nous avons tous, cependant, non pas simplement entendu mais écouté, à des moments de nos vies – souvent dès l’enfance –, le bruit des gouttes d’eau d’une averse frappant quelque toit ou vitre tout près de nous. Ce bruit s’interrompt et reprend, parfois il se précipite, le hasard qui est en son fond se montre en son évidence que rien n’explique, et cette expérience d’une non-signification absolue dans ces chocs intermittents vide le bruit de tout autre chose que soi mais, aussi bien, fait de lui la réalité en ce quelle a de plus lointain autant que de plus enveloppant, de plus proche : le tout qui se révèle dans la partie qui s’efface. […] La finitude, ceci : éprouvée, comprise, et pourtant réconciliée avec soi, par un comble de l’évidence.

Yves Bonnefoy, L’Alliance de la poésie et de la musique, éd. Galilée, coll. « Lignes fictives », p. 21.



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Mozart, dans la soirée. Requiem en compagnie d’Olivier. Cette messe des morts. La dernière note, celle que le compositeur écrira de son vivant. Elle se trouve à la 8ème mesure du "Lacrimosa". Oreille tendue.

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