Il ne s'est rien passé d'autre que la pluie du matin sur la vigne-vierge au bord de la fenêtre. Accord fondamental du gris et du vert sur la rétine - comme explosent mille et une petites touches folles, de pourpre et de rose, sur la pergola un peu plus loin.
Presque rien. Ou rien d'autre que cela ; jardin sous la pluie.
Livres d'artistes / Actualité poétique
- Deborah Heissler
- En collaboration avec des plasticiens, livres d'artistes avec Laurence JEANNEST (2010) - André JOLIVET (2012) - Véronique DUFLOT (2013)
mardi 26 mai 2009
samedi 23 mai 2009
refroidi
le bol de thé
je te regarde (Sylviane Dupuis)
Ce peut être cette sorte de déchiffrement aussi - avec lenteur "comme on déguste une petite tasse de thé brûlant". Paul Claudel, Une promenade à travers la littérature japonaise [1949].
jeudi 21 mai 2009
sans flambeau ni calame – tu
la nuit décline
à la fenêtre nue étreinte, crue
vive levant l’orient d’avoir à la lie bu [...]
mercredi 20 mai 2009
et le lait à la source et le miel à la fleur
grande ouverte – tu
ce fruit brûlé, insaisie grande ouverte
sous le pommier – tu
cent fois suave, le souffle de Goya [...]
mardi 19 mai 2009
Lever de lune. Tous les pommiers sont là, leur couronne un peu plus ample, à peine, et c’est un peu de nuit qui coule dans de la nuit - déjà ; je dormais dans ce jardin devant ce corps, où légère est la peine de naître et de mourir.
Tôt ce matin, des touches de terres sombres.
lundi 18 mai 2009
Des monceaux légers de feuilles sèches. Des fumées passent rapidement dans le jardin. L’air d’un blanc déjà cru devient éblouissant quand déferle un de ces nuages, farouchement noirs. Et l'énigme, qui point à la naissance de chaque orage.
vendredi 15 mai 2009
Sylvain Lagarde,
Exposition "Quelques sons de silence" :
Du paysage à l’urbain,
lumières pour des métamorphoses.
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Dominique Sorrente,
Puis le désert a gagné. Par le froid, le brûlant, donnant ses preuves, une à une.
Le cri d'une mouette de passage,
l'insondable couleur du temps
Un fil de sel ou le parfum musqué coule sur le corps d'une femme.
A l'opposé du jour,
quelques lignes de chance
inventent leurs poussières d'étoile
Tous les peuples de Qo auront appris
à vivre sans retour.
Dans Le Petit livre de Qo, éd. Cheyne, 2001,
p. 42.
jeudi 14 mai 2009
Pose. Blanc. Reposée. Blancs. BD. Romans. Livres. Nouvelles. Poésie.
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Henri Meschonnic, "Blanc comme la nuit", in Dédicaces proverbes, poèmes, Éditions Gallimard, 1972, page 74.
Ce qui ici émeut profondément, la naissance du tout à partir du presque rien, Blanc avec Silence,
"[...] Parce que ton silence est une naissance / [...]" nous livrait-il déjà, gisant (?) toujours au bord de quelque chose - qui soit comme une leçon d'humilité, et en toute simplicité - tandis que :
"[...] les larmes filtrent la joie comme une essence / [et que] tu commences tu veilles même quand tu dors."
Disparition du poète le 8 avril dernier.