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lundi 21 septembre 2009
samedi 19 septembre 2009
Jusqu'ici, je n'ai fait que regarder mon père empoigner la terre, prendre une fontaine par les cheveux, la tenir à bout de bras avant de la poser sur mon nom.
Sa mort n'a pas de vérités, rien qu'une foule de petits mots qui disent n'importe quoi et dont les cendres continuent de veiller à proximité de l'avenir. [...]
L'épine et sa mésange, Jean-Claude Dubois.
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Et c'est mystère d'aller à ce silence de palais pour seulement fixer la geste d'un vent sévère. Territoire de haut-goût, fais part de tes fidélités. Beau-perdant qui ne prétend à rien, porte à ta bouche ce grain d'obscur.
Petite suite des heures, Dominique Sorrente.
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Messiaen, devant l'écran.
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samedi 12 septembre 2009
Aussi, il est des liqueurs fortes qu'on boit pour oublier - si la poésie est opium
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vendredi 11 septembre 2009
il est quelquefois trop tôt pour écrire des choses graves - ...
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mercredi 9 septembre 2009
jeudi 20 août 2009
Le fil comme profond du sommeil de la trace de l’oubli de la pierre du souffle du pli – gris rose approximatifs et l’instinct des bornes puis l’horizon.
Je me tourne vers Tal-Coat alors résolue à ne plus distinguer ce que je vois – continuité entre l’œil et la main le couteau la peau.
Le geste. Canson blanc à présent sur la table devant la lampe.
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mercredi 19 août 2009
C’est la nuit que j’ai le plus envie de lui parler, quand l’éclat des lampes sur la fenêtre du salon me le rend invisible. Je sais qu’il est là, veillant dans le noir, et le savoir m’apaise – comme à l’enfant perdu dans son sommeil, la voix des parents dans la chambre voisine.
La Présence pure, Christian Bobin.
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vendredi 31 juillet 2009
Ce matin, | Arnaud Maisetti | Journal
« [...] On n’est pas suffisamment fatigué pour s’arrêter – et bien trop pour cesser d’y penser : alors on continue plus lourd de cette idée, et c’est encore davantage fatigué qu’on avance plus lentement, chaque pas posé comme le dernier, ou le premier – on ne sait plus.
Le matin n’a pas fini. Sur le pavé, il s’accroche encore un peu de nuit. La route s’élève et c’est tout le soir qu’on tire derrière soi, le poids qui allonge le pas. On ne sait pas si c’est de n’avoir pas dormi ou d’avoir marché depuis le lever du soleil qu’on est si fatigué. Les façades fermées des grandes rues défilent si lentement et se répètent tant que l’impression de marcher sur la ville comme sur un tapis roulant est forte, obsédante.
On a remonté la rue, on a passé par dessus l’heure, une autre se présente, qu’on sait plus haute, qu’on imagine plus lente. Le corps hissé jusque là n’a plus la force : et pourtant, l’heure suivante sera traversée aussi. [...] »
Arnaud Maisetti - 31 juillet 2009
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jeudi 30 juillet 2009
Gnossienne | Stéphane Dussel | 3
--
* La formule est empruntée à Umberto Ecco dans Le signe [Segno, Milan, 1973], Bruxelles, Labor, collection « Biblio essais », 1988, p. 193.
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lundi 20 juillet 2009
Coll. grise, à paraître | Akasu | 1
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vendredi 17 juillet 2009
"Morte saison", Nicolas Bouvier.
[…] Désormais c’est dans un autre ailleurs
qui ne dit pas son nom
dans d’autres souffles et d’autres plaines
qu’il te faudra
plus léger que boule de chardon
disparaître en silence
en retrouvant le vent des routes
Genève, 25 octobre 1997
[Le dehors et le dedans]
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samedi 27 juin 2009
lundi 15 juin 2009
Débordement de mon impatience. Se souvenir. Je me souviens du trajet, du chemin, de sa courbe dans le paysage, flouté légèrement - celui qu'on observe sur la photo. Une masse noire veinée de bleu décroche la perspective. Détail. Lumière sur le côté. Un coin de ciel rongé par l'obscurité. RER, TGV, arrivée.
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samedi 13 juin 2009
oh la douceur
de tes mains
obscurité
(Sylviane Dupuis)
(Savoir que la nuit demeure toujours présente sous le jour ; et que le jour en aura toujours besoin pour ne pas se trouver anéanti dans sa propre lumière.)
Sylviane Dupuis, Cahiers 1985-1989 : Travaux du voyage.
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18:04
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vendredi 12 juin 2009
toi
je touche un monde
du doigt
[... là où précisément le lieu "se composant dans son harmonie prend, pour ainsi dire existence et comme conscience de lui-même",
Paul Claudel, Le Temple de la conscience, 1896.]
*
de toi
à moi
l'infini clos
(Sylviane Dupuis)
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20:34
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jeudi 11 juin 2009
ces choses toujours plus belles à la lisière
des champs à mesure plus noires
du jour transition à la nuit, le ciel au-delà
se détournant difficile comme à saisir
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mardi 26 mai 2009
Il ne s'est rien passé d'autre que la pluie du matin sur la vigne-vierge au bord de la fenêtre. Accord fondamental du gris et du vert sur la rétine - comme explosent mille et une petites touches folles, de pourpre et de rose, sur la pergola un peu plus loin.
Presque rien. Ou rien d'autre que cela ; jardin sous la pluie.
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20:06
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samedi 23 mai 2009
refroidi
le bol de thé
je te regarde (Sylviane Dupuis)
Ce peut être cette sorte de déchiffrement aussi - avec lenteur "comme on déguste une petite tasse de thé brûlant". Paul Claudel, Une promenade à travers la littérature japonaise [1949].
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17:54
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jeudi 21 mai 2009
sans flambeau ni calame – tu
la nuit décline
à la fenêtre nue étreinte, crue
vive levant l’orient d’avoir à la lie bu [...]
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14:05
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mercredi 20 mai 2009
et le lait à la source et le miel à la fleur
grande ouverte – tu
ce fruit brûlé, insaisie grande ouverte
sous le pommier – tu
cent fois suave, le souffle de Goya [...]
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14:27
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mardi 19 mai 2009
Lever de lune. Tous les pommiers sont là, leur couronne un peu plus ample, à peine, et c’est un peu de nuit qui coule dans de la nuit - déjà ; je dormais dans ce jardin devant ce corps, où légère est la peine de naître et de mourir.
Tôt ce matin, des touches de terres sombres.
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13:49
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lundi 18 mai 2009
Des monceaux légers de feuilles sèches. Des fumées passent rapidement dans le jardin. L’air d’un blanc déjà cru devient éblouissant quand déferle un de ces nuages, farouchement noirs. Et l'énigme, qui point à la naissance de chaque orage.
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vendredi 15 mai 2009
Sylvain Lagarde,
Exposition "Quelques sons de silence" :
Du paysage à l’urbain,
lumières pour des métamorphoses.
--
Dominique Sorrente,
Puis le désert a gagné. Par le froid, le brûlant, donnant ses preuves, une à une.
Le cri d'une mouette de passage,
l'insondable couleur du temps
Un fil de sel ou le parfum musqué coule sur le corps d'une femme.
A l'opposé du jour,
quelques lignes de chance
inventent leurs poussières d'étoile
Tous les peuples de Qo auront appris
à vivre sans retour.
Dans Le Petit livre de Qo, éd. Cheyne, 2001,
p. 42.
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jeudi 14 mai 2009
Pose. Blanc. Reposée. Blancs. BD. Romans. Livres. Nouvelles. Poésie.
--
Henri Meschonnic, "Blanc comme la nuit", in Dédicaces proverbes, poèmes, Éditions Gallimard, 1972, page 74.
Ce qui ici émeut profondément, la naissance du tout à partir du presque rien, Blanc avec Silence,
"[...] Parce que ton silence est une naissance / [...]" nous livrait-il déjà, gisant (?) toujours au bord de quelque chose - qui soit comme une leçon d'humilité, et en toute simplicité - tandis que :
"[...] les larmes filtrent la joie comme une essence / [et que] tu commences tu veilles même quand tu dors."
Disparition du poète le 8 avril dernier.
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vendredi 27 mars 2009
Tiens, enfin un brouillon scientifique (0) sourires. Manuscrits. Le sentiment aussi peut-être, de s'être réfugiée dans un livre. Se donner le temps du livre, de lire.
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jeudi 26 février 2009
mardi 24 février 2009
Pas plus qu’ailleurs, je ne veux évoquer des fantômes de héros, fussent-ils enchanteurs ou prestigieux. Je n’ai vu que ce que j’ai vu, en presque ignorant, en oublieux de presque tout, vieil homme qui ne s’exalte plus guère, entré qu’il est dans la saison froide ; mais qui, néanmoins, a vu là quelque chose, et qu’il lui importe d’essayer de dire. (Il y a longtemps, peut-être aurais-je su le dire d’un seul poème sans poids, mais j’en ai perdu le secret ou la clef – que ne vous tendra plus aucune main.)
Palmyre, palmeraie : bien sûr, on pourrait se bercer de ces mots, d’autant qu’ils sont, somme toute, à leur place. Mais « Attention ! risque de poésie ! » La fausse poésie vous guette dès qu’un lieu est particulièrement beau, et celui-là l’est plus que beaucoup d’autres : et célèbre, et célébré, et fréquenté aussi bien - moins en ce moment-ci, lourd d’inquiétude.
[…]
Beauté de ses orteils fruités de neige
De ce côté de la lumière où elle est statue
Étrange et brillante et morte un peu
Sous le froid des froids arbres, d’une larme
Endormis dans de la musique, violons cassés
Brûlant de cela qui fut : étranges feuilles
Gelées au revers du feu
… Et tous ces nids !
Et tous ces corps dans les orangeraies !
Qui faiblement battent au crépuscule
Comme au désastre de l’esprit le violent cœur
Vieilli sous un gémissement de tourterelle
De ce côté très pauvre de l’amour
En son odeur d’urine et de jasmin
Salah Stétié
--
Ph. Jaccottet, “Palmyre”, Un calme feu, éd. Fata Morgana, 2007, p. 49.
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samedi 21 février 2009
Ce petit caprice au moment du départ. Paul. Le bien aimé.
Et mains tenant là-bas, sur la terrasse. N’y plus rien voir, pour rien, jusqu'à n’y plus mot dire. Demain, est un autre jour. À mon frère bien aimé.
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vendredi 20 février 2009
Fauteuils d’orchestre – en VO non sous-titré. Si c’est beau, il va falloir m’expliquer pourquoi et en détail – si possible. Curieuse.
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06:08
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jeudi 19 février 2009
O évoque un colloque à Cracovie. Wajda qui l’intrigue.
Tombée dessus par hasard – en sourire après tout. Je pense Katyń, après Mozart. Voilà tout. Va donc lui expliquer.
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Je me détournerai, de celui qui n’a pas su lire ce que cet autre écrivait – parce qu’il ne comprendrait pas. Que je le comprends.
Et d’emblée. Autre chose – quelque chose comme ça, qui ne mènerait nulle part. Incompréhensible. Cela simplement, qui m’effraie.
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06:42
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