Livres d'artistes / Actualité poétique

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En collaboration avec des plasticiens, livres d'artistes avec Laurence JEANNEST (2010) - André JOLIVET (2012) - Véronique DUFLOT (2013)

vendredi 10 mai 2013

Chambre / Bouche ouverte sur le temps

Les Carnets font escale à la Maison de la poésie de Rennes (et reprendront ici en juillet prochain).

Word for Word: Chambre / Bouche ouverte sur le temps: Gwénola que je ne reconnais pas immédiatement, mais qui me sourit ; c'est pour cela que je me dirige vers elle. On s'est un peu cherché, pendant quelques minutes, le temps de s'appeler et de se manquer - téléphone en mode silencieux qui n'arrange rien, de mon côté. Il est quinze heures, accueil chaleureux à la gare...

mardi 16 avril 2013

The recalcitrant matter of the poem

Re-reading Requiem (1947) followed by Remarques (1990) or else Poésie 1946-67 and La Semaisonwritten between 1954-67 though published by Gallimard (Paris) in 1971which practically corresponds to editions of Début et fin de la neige or Ce qui fut sans Lumière in Yves Bonnefoy’s works, one notes that the topics of winter and snow are already present in these early works, ready to blossom out. In later works, the invisible is never as moving as when it is combined with the fragile migration of things, scattering and dispersion: constellations on the ground, the movement of their gift towards the ground as if approaching a body or skin, starting a dialogue with the recalcitrant matter of the poem. 

To determine where this poetics emerges, one must first track it back to the place where thought was not a given—in its resistance or, on the contrary, its failure, its collapse—where reflection, meaning of one’s own image, of resemblance and oneself, proves definitively insufficient. Numerous metaphors—the line and the space between lines, the white (of silence, ellipsis, or absence), or else shards of colours—translate this reciprocal overlapping of the visible and the invisible, equally significant, and which, evoking the figures of the un-figurable, bring readers face to face with language and its explosion or exhaustion, with the suspension of sense and meaning.
   
Zao Wou Ki
 

En relisant Requiem (1947) suivi de Remarques (1990) ou bien les Poésie 1946-67 et les Semaisons le premier volume au moins daté de 1954-67 (Paris, Gallimard, 1971) qui correspondent à peu de chose près aux éditions de Début et fin de la neige ou de Ce qui fut sans Lumière chez Yves Bonnefoy, force est de constater que les thèmes de l’hiver et de la neige y sont déjà présent, près à s’épanouir. Dans les œuvres plus tardives, l’invisible n’y est jamais aussi émouvant que conjugué à la fragile migration des choses, à la dispersion et à l’éparpillement : constellations sur la terre, mouvement de leur don vers la terre comme on s’approche d’un corps, de la peau, entamant un dialogue avec la matière récalcitrante du poème. 

Pour cerner le lieu d’éclosion de cette poétique, il incomberait en premier lieu de traquer celle-ci là où elle ne se donne pas à penser, dans sa résistance, ou au contraire sa défaillance, son effondrement, là où la réflexion au sens d’un retour à l’image, à la ressemblance et à soi, s’avère nettement insuffisant. De nombreuses métaphores qu’il s’agisse d’évoquer la ligne et l’interligne, les blancs (du silence, de l’ellipse ou de l’absence) ou bien la couleur par éclats y traduisent cet empiétement réciproque du visible et de l’invisible, prégnants l’un et l’autre, qui en faisant « lever » des figures de l’infigurable, confronte le lecteur au langage et à son explosion ou à son épuisement, à la suspension du sens. 

Hommage à Zao Wou Ki
Merci à Jennifer K. Dick pour sa relecture

vendredi 5 avril 2013

Maison de la poésie de Nantes - 16 mai 2013

Deborah Heissler et Frédérique Cosnier

 « À SUIVRE… »
 Déborah Heissler et Frédérique Cosnier 
Lectures-rencontres présentées par Damien Chéné et Guénaël Boutouillet
En partenariat avec la Maison de la Poésie de Rennes
Jeudi 16 mai / 19h30


Déborah Heissler est née en 1976 à Mulhouse. Après des études de littérature contemporaine, elle effectue de nombreux séjours en Chine, en Thaïlande et au Vietnam. Elle reçoit plusieurs prix pour son premier recueil Près d'eux, la nuit sous la neige ainsi que pour Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, tous deux publiés chez Cheyne. Elle est aussi l'auteure de nombreuses notes de lectures et articles sur la littérature ou la peinture. Dans son recueil Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, écrit lors de ses voyages en Asie, se succèdent images, paysages, ombres et couleurs, comme dans la composition d'un tableau japonisant, et le texte guide son lecteur dans la pénombre d'un jardin bien réel.
« Chez Déborah Heissler, écrire y est acte de justesse, jeu de nuances et d’harmoniques qui se méfient de l’ingouvernable excès. Ce que le poète détaille relève de la suggestion, des empreintes à laisser à l’esprit, d’un mouvement de lecture pénétrante soulevant un peu de beauté fragile. » Dominique Sorrente, Le Scriptorium.
 
Frédérique Cosnier est née en 1974 et vit à Besançon. Après une agrégation de Lettres modernes, elle publie dans diverses revues (Dissonances, remue.net, Hors-sol, Cequisecret) puis PP Poèmes précis aux éditions Entre2M en 2008. Elle collabore aussi à des projets avec des photographes ou musiciens.
PP Poèmes Précis, 3 petits précis poétiques pour 3 moments de l'existence, le réveil, le démaquillage, la mise en plis. Le vivant est plein de périls. Il est en marche vers sa forme, jamais anodine, qu'il invente à mesure qu'il paraît. 3 tentatives, donc, pour formuler des moments saisis en coupe dans l'éternité, avec à l'horizon, l'idéal mathématique jamais atteint par la parole, qui ne fera que courir après le facteur commun des choses. Car comment dire l'ubiquité, le détachement et la consternation, le suave et le rêche, la surface et le sous-cutané, la mémoire qui superpose tout ? Que peut le poème ? 

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« Dans les draps des mots » / Entretien radiophonique
Une discussion avec les auteurs invités aux lectures « Poèmes en cavale » depuis l’intimité d’une chambre de l’hôtel Pommeraye et retransmise en direct de 17h10 à 18h00 sur Alternantes FM 98.1 (Nantes) / 91 (Saint-Nazaire).
Émission animée par Michel Sourget et Laurent Mareschal.


Jeudi 18 avril : Cécile Mainardi
Jeudi 16 mai
: Déborah Heissler
Jeudi 30 mai : Yves Charnet

Toutes les émissions en écoute sur www.chambre108.net

mardi 5 février 2013

Für Günter Ludwig (Zeichnung)



LANDSCAPE

(Deborah Heissler, trad. Martine Schnell) 

Das Bild dauert auf der Retina an und das streift nur leicht — die Gebüsche und die Naturwiesen, dort ist die Ebene, von einigen Hügeln gebrochen 

— eine Landschaft löst sich auf und geht zugrunde, schwankt unter dem Himmel, 



unter dem Staub, entdeckt in einem Augenblick die verstümmelte Takelung seiner Wälder

seine Zartheit, erkennbar an diesem grundliegenden Instinkt der Pfade und der Grenzsteine


— Wenn diese Nacht nicht anders wäre als die Nacht —


[...] so dass, dieser Satz, mit dem ich mein Wortlaut öffnen und schließen wollte, dieser « Schneesturm » , der in meinem Geist nur eine Metapher war, ich werde ihn ändern müssen. Philippe Jaccottet, « Truinas, am 21. April 2001 »Verlag. La Dogana, 2004, S. 10.